Quel meilleur GPS de vélo choisir en 2021 ? cyclo-touristme / bikepacking

Dernière mise à jour : juillet 2021

Dans l’optique du cyclotourisme et de ses dérivés bikepacking et compagnie, voici un petit aperçu des différents choix possibles et pourquoi.

Sur internet on trouve beaucoup d’articles et de conseils sur le sujet, mais très peu orientés randonnée. Et en cyclotourisme nous n’avons pas les mêmes besoins que pour une sortie de 2 heures en vélo de route autour de chez soi ou une balade en VTT. Bref comme d’habitude sur ce site, je n’ai pas envie de simplement survoler les caractéristiques techniques (tout le monde peut le faire) mais de rentrer en détails sur les points importants.

La lisibilité et l’utilisabilité des cartes

Premier point important, car c’est l’écran qu’on a majoritairement sous les yeux en randonnée cyclable. Les GPS Wahoo comme le ROAM (couleur) et et le BOLT (noir et blanc sur la v1, couleur sur la v2) ont un écran extrêmement lisible, même en plein soleil car ils sont mats et ont donc très peu de reflets.
L’autre avantage de la gamme Wahoo c’est l’extrême lisibilité des cartes : de gros traits bien larges pour les routes, des flèches et chevrons bien clairs pour les directions si on a chargé un tracé, c’est la certitude de ne pas se planter. A contrario sur les cartes de cette marque, ne vous attendez pas à beaucoup de détails, on a les routes, enfin leur aspect général, mais pas de pictos pour signaler des points importants, les sens uniques, les courbes de niveau, les cimetières pour ravitailler en eau… tout ce qu’il y a ce sont des traits plus ou moins larges ou colorés pour les routes et c’est tout.

A l’opposé chez Garmin, notamment sur les 530, 830,1030 plus ou encore le Edge Explore on a des écrans plus brillants, mais nettement plus colorés, on se rapproche beaucoup de l’écran d’un smartphone. La cartographie (intégrée ou tierce [on en reparlera plus tard]) est également beaucoup plus précise en terme de contenus, des fonds de couleurs différentes pour mettre en avant la forêt par rapport à la ville, des pointillés pour les petits sentiers, le nom des rues en fonction des niveaux de zoom…

Alors au moment du choix, je dirais que l’élément qui à mon sens rentre le plus en compte c’est l’usage qu’on prévoit de faire du GPS : si on a téléchargé une trace quasi exacte du trajet que l’on désire faire, par exemple un itinéraire cyclable européens type EuroVelo 6, Vélodyssée,… ou qu’on veut suivre une route un peu connue comme le Canal de Nantes à Brest, ou emprunter précisément le trajet d’une course d’ultra distance, alors ce que propose Wahoo est à mon sens supérieur : on n’a que les infos dont on a besoin, clairement mises en avant, très lisibles, et le reste on s’en fiche, on veut que le GPS nous affiche si on est sur la bonne route et quelle direction prendre au prochain tournant. Et pour ça la cartographie édulcorée, gratuite et mondiale Wahoo est parfaite.
A l’opposé, si vous partez beaucoup plus en mode « on va voir au fil du trajet », et adapter votre parcours en fonction de l’humeur, de ce qu’il y a autour (traverser ou non une ville, …) là ce que propose Garmin est nettement meilleur, beaucoup plus de détails pour aider à choisir un trajet, et surtout une fonction toute bête : la possibilité de regarder la carte autour de vous. Wahoo (à l’heure actuelle en tout cas) ne permet pas ça, c’est à mon sens vital pour justement se faire une idée des différentes options possibles et choisir une route plutôt qu’une autre. Chez Wahoo on peut simplement dézoomer, mais le centre (enfin le petit triangle noir en bas au centre, voir photo plus haut) de la carte reste impérativement bloqué sur notre position actuelle. C’est assez rédhibitoire pour ce type d’usage. En usage cyclo, le grand classique c’est justement le choix entre 2 routes : la route bien fréquentée par les voitures (nationale, grosse départementale…) optimisée en distance ou alors des détours par des petites routes… ok, mais on veut avoir à l’avance un ordre d’idée de la différence de kilomètres, de la tête du détour pour savoir s’il est pertinent ou non.
Ce qui m’amène au point suivant :

Dépendance à un smartphone

Les GPS de vélo actuels sont assez liés au smartphone auquel ils sont reliés. Cette dépendance va du basique « envoi de route à suivre » du smartphone vers le GPS au paramétrage total (chez Wahoo typiquement). Globalement un Wahoo ne fonctionne pas de manière optimum s’il n’est pas relié à un smartphone. Tous les paramétrages du GPS se font depuis l’application sur le smartphone. L’avantage c’est que c’est nettement plus confortable que les menus d’un Garmin, l’inconvénient c’est que sans smartphone on ne fait pas grand chose. Simplement changer la position d’un champ d’information (vitesse, distance…) se fait via le smartphone.
Du coup se pose la question de ce qu’on préfère, du type de smartphone dont on dispose et de la répartition des tâches entre GPS et smartphone. En effet certaines personnes préfèrent garder le GPS de vélo aussi basique que possible (dis-moi quelle route je dois prendre à la prochaine intersection, à la manière d’un GPS de voiture), et si je veux tergiverser sur l’itinéraire, je sors le smartphone, avec Google maps, éventuellement des cartes IGN ou équivalentes super précises, qui serviront à concocter un nouvel itinéraire, qu’on enverra alors dans le GPS de vélo pour poursuivre sa route. C’est la tactique « Wahoo » par excellence.
A l’opposé, d’autres préfèrent ne compter que sur le GPS de vélo, aussi bien pour le suivi que pour la recherche de l’itinéraire. Et là il n’y a pas de miracle : plus l’écran est précis, grand et facile à naviguer plus c’est pratique.
Dans cette seconde catégorie Garmin a de bons arguments, mais pas sur tous les modèles. Typiquement le Edge 530, qui n’a pas d’écran tactile, ni de bouton « multidirections » (comme on trouvait sur les anciens GPS de rando type Etrex) est assez pénible à utiliser pour naviguer sur la carte. Les boutons sur les côtés servent pour monter/descendre/gauche/droite/zoom+/zoom- et c’est franchement galère à l’usage. En roulant, pour une petite retouche, c’est parfois plus pratique que le tactile (sensibilité, gants,…) mais dès qu’on veut faire de la recherche, c’est vraiment pénible.
Il faut donc taper sur le Edge 830 pour avoir du tactile et cette plus grande liberté de choix d’itinéraire. Ça tombe bien car justement au passage on gagne des fonctionnalités de calcul d’itinéraires directement sur le GPS, ce que ne propose pas le 530 beaucoup plus dépendant du smartphone auquel il est relié !
Le Edge 1030 plus (et le 1030 avant lui) apportent un écran plus grand, donc plus confortable pour voir plus de carte autour de sa position actuelle. Oui le tarif est très élevé, mais le gain est appréciable. Et au passage sans perte d’autonomie (au contraire), donc en rando sur plusieurs jours c’est un plus appréciable.
Le Edge Explore est un appareil tentant : tactile, grand écran, pas cher… les fonctions qu’il a en moins par rapport aux 1030 plus et 830 ne sont pas critiques pour la randonnée à vélo (connectivité avec les appareils de mesure de puissance par exemple, pas de support déporté), mais c’est un appareil qui commence à dater (2018), et son processeur est un peu lambin, donc les zooms/dézoom sur la carte ou le calcul d’itinéraire sont moins bons, l’autonomie n’est pas folle non plus (12h vs 20 sur un 530). Bref à privilégier si ça n’est pas pour ça que vous choisissez votre GPS. En contrepartie le prix est vraiment très bon (notamment en comparaison des 1030/1030 plus). Pour la rando ça peut s’avérer totalement suffisant !

Je souhaite malgré tout tempérer les histoires de taille d’écran car en pratique j’ai pu constater qu’on était généralement dans 3 situations :
– soit on suit une trace qu’on sait être bonne (parce qu’on l’a étudiée avant sur ordinateur ou smartphone), auquel cas la taille de l’écran est finalement quasiment sans importance
– soit on a un doute sur la trace et on veut voir un peu autour pour voir si c’est pertinent, et là l’écran un peu grand avec pas mal de détails et de possibilités d’affichage « autour » de la position (et pas juste à notre position) aide un peu
– soit on n’a plus de trace ou on n’a carrément plus du tout confiance en la trace, et là, à l’heure actuelle, aucun GPS ne rivalisera avec la qualité d’affichage (vitesse, qualité du tactile, qualité des cartes) du smartphone. Bref dans ce cas là on s’arrête et on vérifie sur le smartphone… ce qui rend la taille de l’écran du GPS sans importance.

Voilà, en pratique pour tout autre chose que suivre une trace, genre chercher un cimetière pour trouver de l’eau, ou un supermarché, vérifier les routes cyclables officielles, … le smartphone est tellement meilleur qu’il rend finalement le besoin du GPS dédié d’être pointu et lisible beaucoup moins important qu’on pourrait le croire.

L’autonomie

Parlons donc d’autonomie. C’est la grosse bête noire de beaucoup de GPS, ils consomment, beaucoup, et à vélo la recharge est toujours un peu pénible. Il faut donc essayer de choisir un modèle qui consomme le moins possible, et ce sont généralement les GPS les plus récents qui sont les meilleurs de ce côté là. Ensuite la taille de la batterie est importante, mais finalement on peut contourner le problème en compensant par une batterie de type powerbank. Bref, si seule le gain d’autonomie compte pour vous entre un 1030 plus (donné pour 24h en usage GPS) par rapport à un 830 (donné pour 20h), investissez dans une petite powerbank à 20 euros plutôt que de payer le surcoût colossal entre les 2 modèles.
Même chose, Garmin propose un pack de batterie spécifique, qui permet de doubler l’autonomie de leurs GPS, sans ajout de câble supplémentaire (la connexion se fait via des petits picots intégrés dans la base du GPS. C’est beau, c’est pratique, mais quel tarif ! Et malgré tout ça fait une batterie de plus à recharger…
Entre Garmin et Wahoo c’est assez similaire, les Garmin récents sont légèrement plus endurants (puce GPS plus économe), mais c’est assez marginal.

La cartographie

Selon le type de randonnée à vélo qu’on envisage on n’a pas forcément les mêmes besoin en terme de cartographie. Comme je l’évoquais plus haut, pour suivre le tracé exact d’une course au trajet clairement défini, n’importe quelle cartographie fera l’affaire, et probablement même que plus elle sera basique moins elle sera sujette à erreur d’interprétation. A l’opposé lorsqu’on est plus en errance et qu’on veut simplement prendre des routes tranquilles au fil du parcours vers un point final, c’est appréciable d’avoir pas mal de détails : c’est un sentier bitumé ou non ? et les courbes de niveau ?

Là Wahoo est largué, et chez Garmin… ben ça dépend. Les GPS de cette marque sont livrés avec une cartographie de base assez moyenne, qu’on gagne à remplacer par une meilleure… ce que la marque propose, mais à un tarif bien élevé. A contrario, pour pas un centime on peut télécharger des cartes basées sur OpenStreetMaps (le Wikipedia de la carte) avec différentes présentations possibles. Imaginez un même base d’informations (routes, forêts, rivières) mais que différentes personnes choisissent de dessiner avec des crayons et des couleurs différents.
La cartographie OpenStreetMaps « officielle » adaptée aux GPS Garmin se trouve ici. On choisit un type de carte (Routable Bicycle est le plus adapté au vélo), la zone qu’on veut récupérer (préférer un choix direct de pays entier car les fichiers sont déjà prêts) et hop on télécharge. Il n’y a plus qu’à dézipper et transférer le fichier sur son GPS et c’est bon.
Sur le même principe « Frikart » propose des esthétiques différentes, la version « Roadmap » convient assez bien à la rando sur route, et si vous êtes plus du genre VTT, à vouloir les courbes de niveau… il y a d’autres présentations possibles : les Topo Summer et Topo Summer II sont des bonnes bases à essayer.

La fiabilité et les petites choses pénibles

En randonnée à vélo on veut que tout fonctionne, soit simple et efficace, sans devoir passer des heures à régler des petits soucis. Un classique chez Garmin par exemple c’est l’impossibilité de transférer un nouveau parcours PENDANT qu’on enregistre une activité. Imaginez la situation : vous avez prévu une trace, vous la suivez, mais un évènement imprévu (rencontre, météo, envie suite à discussion,…) vous fait réorienter le parcours en cours de journée. Par exemple vous discutez avec un local qui vous dit : la route là elle est monotone et un peu dangereuse, par contre derrière à 2km il y a une super piste cyclable. Vous voulez éditer le parcours sur votre smartphone et le renvoyer sur le GPS pour prendre en compte cette demande sans pour autant stopper l’enregistrement en cours (vous voulez au final 1 activité par jour par exemple), chez Garmin ça ne fonctionne pas, chez Wahoo c’est possible.

Wahoo est également réputé pour avoir des fonctions plus basiques mais qui marchent à tous les coups, sans mauvaise surprise. Chez Garmin l’éparpillement dans toutes les direction à tendance à permettre l’accès à des tas de très bonnes idées, mais d’une fiabilité parfois relative. J’ai par exemple pour ma part eu à plusieurs reprise des impossibilités de calcul du routage de certains parcours, pourtant transférés sur le GPS sans souci. J’ai ensuite repris le même GPX, l’ai importé dans l’application Garmin sur smartphone pour recréer un nouveau parcours, l’ai retransféré sur le GPS… et oh miracle ça fonctionne. Je pourrai vous parler des heures des petits bugs ou imperfections, du type « profil altimétrique de la route à venir » qui est en fait basé sur un fichier d’altitude à la résolution trop sommaire, et donc fait très peur quand on passe sur des routes qui longent le pied de falaises (le GPS pense que vous allez monter en haut de la falaise), si la route est taillée dans la roche c’est pareil. Le guidage est aussi parfois très imparfait, à vous alerter pour une simple route qui tourne, mais qui passe complètement à côté d’un changement de direction pourtant très franc. Ainsi de suite.

Et les GPS non dédiés vélo ?

On peut chercher à sortir des sentiers battus et regarder ce que font les fabricants, notamment Garmin en terme de GPS de randonnée plutôt que de chercher quelque chose de spécifique au vélo.

Il y a notamment la gamme Etrex, avec le Etrex 32x qui est assez bien placé : pas trop cher, autonomie excellente (25h avec 2 piles AA alcaline, voire même une trentaine avec des 2 piles AA « au lithium »), il suffit de prendre 2 piles supplémentaires d’avance et on peut être tranquille un moment. Et trouver des piles AA n’importe où dans le monde n’est pas très compliqué. On peut aussi préférer des « piles rechargeables » et les charger un peu comme on veut (solaire, dynamo, chargeur dédié…).

Selon le trajet et le type d’arrêts ça peut être plus pratique que d’être en flux tendu sur la batterie interne du GPS. C’est ce type de GPS que nous avions pour notre tour d’Europe, et comme nous ne le laissions pas allumé en permanence les 2 « piles rechargeables » ni-mh duraient une éternité.

L’avantage aussi c’est le joystick pour la navigation sur la carte, c’est un excellent compromis entre le tactile (parfois pénible à utiliser, notamment avec des gants, surtout sur un petit écran et en roulant) et le « tout boutons » qui nécessite des combinaisons hasardeuses pour se déplacer sur la carte (genre les boutons hauts et bas sur le côté de l’appareil qui servent à faire gauche/droite).

Ce sont aussi des appareils beaucoup plus robustes que les fragiles GPS de vélo du genre Garmin 830/1030.

Du côté des inconvénients, il y a :

  • le volume (plus gros),
  • la taille de l’écran (un peu petite)
  • la rapidité (souvent ils sont un peu lents)
  • la connectivité réduite (pas de connexion Bluetooth ou wifi pour transférer les parcours entre smartphone et GPS), il faut soit transférer depuis un ordinateur en USB, soit créer un parcours directement sur le GPS
  • parfois le système de montage sur le vélo (nécessite un support non vendu avec le GPS).

Bref, selon le type de randonnée envisagée, ça peut être un choix fantastique… ou très peu adapté. A vous de voir !

Et les montres ?

Une autre approche est de se passer de GPS dédié au vélo et d’utiliser les fonctionnalités de cartographie de montres modernes GPS du type Garmin Fenix 6 Pro. La cartographie de base est la même que sur les GPS de vélo, seul l’écran est plus petit. Alors autant être direct : si vous avez la montre au poignet, son usage en vélo, chargé qui plus est, est assez rédhibitoire. C’est pas pratique, on a la manche par dessus l’écran, il faut aller dans le bon écran/menu avec des boutons (en lâchant le guidon ?), c’est franchement assez nul.
Mais à partir du moment où on s’offre un petit support de montre tout bête, ça change la donne. L’écran reste toujours très petit, il vaut mieux choisir des cartes très lisibles, par exemple le mode « Roadmap » de Frikart. mais on se retrouve dans une configuration assez proche de ce qu’on peut avoir sur un Garmin Edge 530 : petit écran, pas facile de naviguer autour de sa position, forte dépendance au smartphone (pour planifier un itinéraire et l’envoyer à la montre), mais finalement ça n’est pas une si mauvaise idée. Il faut juste être conscient des limites : on n’affichera pas la carte + un bandeau avec 4 métriques (vitesse, distance…) en dessous ! Si on affiche la carte, ça sera juste la carte, et pour afficher sa vitesse il faudra (via un bouton) basculer sur un autre écran.
Avantage par contre : ça fait un élément de moins, et comme l’écran est petit, l’autonomie en mode GPS est plutôt bonne, voire meilleure que sur le GPS de vélo ! Et la recharge de la toute petite batterie est bien plus rapide/efficace que sur un GPS dédié. Si vous dépendez du solaire/dynamo c’est non négligeable. Bref, là encore, selon votre manière d’envisager le parcours, selon les autres randonnées possibles que vous faites (à pied), finalement le GPS de vélo n’est pas forcément un passage obligé, et vous auriez bien mieux investi 5 ou 600€ dans une montre qui sert à tout plutôt que dans un GPS de vélo qui par exemple ne sert que 2 semaines par an. En terme de marques modèles, je dirai Garmin > tout le reste en raison de la cartographie OpenStreetMaps, il y a différents modèles (5X, 6 Pro, 6X Pro, 945 qui intègrent la cartographie), ça laisse un peu de choix en fonction des moyens.

Globalement plus la montre est grosse et récente (6X Solar par exemple) meilleure est l’autonomie et la lisibilité. Les versions « solaires » intègrent un petit panneau solaire sur l’écran et le tour de la montre, ce qui ne permet pas vraiment de recharger la montre en usage GPS normal, mais disons que ça ralentit la vitesse à laquelle la batterie se vide (par rapport à une version non solaire), et si elle est toujours accrochée sur le cintre du vélo, écran vers le haut, et qu’on la laisse également à l’air (plutôt qu’au poignet) lors des pauses, et idéalement qu’on la configure pour ne pas enregistrer 1 point de position par seconde, il y a moyen d’espacer très fortement les recharges.

Et les smartphones ?

Ah… et si on pouvait totalement se passer de GPS de vélo et utiliser son smartphone à la place. Le gain financier potentiel et la simplification vaut qu’on creuse un peu le sujet… j’ai pas mal cherché et… il y a de tout.
Tout d’abord, en terme de cartographie, c’est juste royal. On dispose de pas mal d’applications (Oruxmaps ou Locus sur Android par exemple) qui permettent vraiment d’avoir le top de la cartographie, avec les courbes de niveau, l’ombrage du relief, le tout en mode offline (non dépendant du réseau 4G) et avec une multitude de fonctions de routage (BRouter), bref c’est le paradis. Les cartes sont lisibles, on voit en quelques secondes les routes potentiellement empruntables, on peut même (si on a du réseau) s’offrir un petit affichage de vue satellite pour confirmer une interrogation du type « ça va passer là ou pas ? ». A partir de ce moment, tout GPS de vélo semble fade et cruellement sous-dimensionné en terme de capacités d’affichage, de navigation, de calcul, … mais malheureusement la suite n’est pas aussi rose…

Trouver une bonne fixation de smartphone sur le guidon ça n’est pas simple. Souvent le cockpit est déjà pas mal encombré (compteur à l’ancienne, éclairage, sacoche de guidon, prolongateurs, …) et les smartphones actuels ont tendance à être encombrants. J’aime bien les fixations sur le haut du tube de la fourche, mais on risque d’envoyer valser le smartphone si on se met en danseuse et qu’un genou touche. C’est aussi le paradis de la vibration, transmise en permanence au smartphone. Je ne l’ai pas vérifié moi-même, mais il parait qu’on écourte de beaucoup la durée de vie d’un smartphone, notamment le système de stabilisation optique de l’appareil photo intégré. Bref si vous êtes du genre smartphone dernier cri à très cher, c’est assez déconseillé.
Il y a aussi une multitude d’autres problèmes associés : écran en plein soleil pas prévu pour, consommation importante de batterie… de grosse batterie, qu’il faut donc ensuite recharger (et avec un petit panneau solaire ou une dynamo ça va demander plus de temps, …). La résistance à la pluie peut aussi être un autre problème.
Bref pour moi c’est une solution envisageable que si l’on a un « vieux » smartphone de la génération précédente qui traîne dans un tiroir et qu’on peut se permettre de « rincer » en un mois de rando estivale sans que ça nous pose plus de problème que ça. On essaye, au mieux c’est pas mal, au pire on a définitivement enterré le smartphone et tant pis.

Un peu de paramétrage

Quel que soit le GPS choisi, il est important d’aller passer un peu de temps pour optimiser certains réglages afin d’obtenir le meilleur affichage possible et surtout la meilleure autonomie.

Le premier réglage à regarder est le rétro éclairage de l’écran et sa durée d’allumage. Dans certaines circonstances un simple allumage à l’approche d’une intersection est suffisant, que ça soit automatique (si disponible) ou manuel (appuyer sur l’écran ou un bouton pour allumer le rétro éclairage). Il y a aussi souvent un mode automatique pour l’intensité du rétro éclairage, avec le risque qu’il soit très fort en extérieur/soleil… peut-être qu’une valeur fixe, un peu faible mais encore largement lisible est suffisant.

Beaucoup de GPS permettent par exemple de ne mettre à jour le point GPS que toutes les quelques secondes plutôt qu’en permanence. C’est généralement un gros gain d’autonomie derrière.
Vous n’avez pas non plus d’obligation d’enregistrer tous ces points.

Et n’oublier pas, si vous êtes limités en terme de recharge de batterie, rien ne vous oblige à devoir laisser le GPS allumé en permanence. Typiquement pendant notre tour d’Europe, même si le GPS était en permanence au guidon, nous ne l’allumions qu’à l’approche de sections que nous pressentions comme plantogènes, typiquement un carrefour compliqué, la traversée d’une ville, … A partir du moment où vous n’envisagez pas d’enregistrer la trace exacte et totale de votre expédition, éteignez le GPS dès que vous êtes sur une portion de route ou chemin sans surprise. Si c’est 15 km de ligne droite entre chaque commune dans les Landes ou la Gironde qui vous attend, peut-être que les panneaux seront suffisants et que vous pouvez laissez le GPS se reposer…

Questions fréquentes (FAQ)

Pourquoi juste Wahoo et Garmin ?

Il y a d’autres constructeurs, comme Sigma, Lezyne, Karoo, Bryton ou d’autres fabricants Chinois sur Aliexpress qui font des produits beaucoup moins chers…
Alors oui, mais pour faire simple : leurs produits sont nettement moins aboutis et avancés à quasiment tous les niveaux en ce qui concerne la cartographie, le routage, et l’interaction smartphone/GPS. Si pour des sorties courtes on peut passer 2 heures à peaufiner son itinéraire, transférer un fichier GPX (en usb ?) sur le GPS et ensuite suivre la trace sur un fond vide (un peu en mode boussole), quand on part à l’aventure en randonnée qui dépasse 24h, il faut des solutions qui fonctionnent bien, simples à utiliser, sans surprise, sans loupé. Pour ça, actuellement à mon sens Wahoo et Garmin sont clairement devant. Un Garmin 530 (même un 520) sera 9 fois sur 10 préférable à tout autre marque/modèle de tarif proche ou équivalent. Trouver un support pour un Bryton 750 à l’autre bout de l’Europe ou même au fin fond de la creuse peut être légèrement compliqué si on casse le sien. A l’opposé on trouvera du Garmin ou Wahoo dans n’importe quelle boutique de vélo. Pour rester sur Bryton, leur matériel est franchement pas mal… mais il reste encore beaucoup de petits détails à peaufiner avant d’avoir un vrai concurrent aux 2 mastodontes : réactivité, qualité d’affichage des cartes, autonomie, …

Une petite précision pour le Hammerhead Karoo 2, sorti il y a quelques mois. J’ai hésité à l’intégrer car il a des avantages en terme de qualité de la navigation sur la carte, son grand écran, … mais en fait son architecture basée sur Android ne me rassure pas pour l’usage en randonnée. On ne cherche pas un second smartphone, avec ses problèmes et sa complexité associés, on veut juste un objet qu’on allume et qui fonctionne à tous les coups. On manque encore un poil de recul sur ce modèle pour savoir ce qu’il en est, peut-être que je l’intègrerai pleinement s’il se révèle à la hauteur, mais pour l’instant même constat qu’au dessus : il est lourd, a une cartographie qui est à ma connaissance non remplaçable et assez peu paramétrable, … à tarif équivalent je préfère un Garmin 830. Ce Karoo 2 est un peu à mi-chemin entre Wahoo et Garmin, mais comme pour ce que fait Bryton, il est peut-être encore un peu trop jeune pour faire face aux ténors, mais toujours à surveiller d’un coin de l’œil.

Enfin nous avons le GPS TwoNav Cross, une société Espagnole, avec fabrication en Espagne (et non en Chine), c’est important à citer. L’objet est franchement pas mal : compact, écran tactile avec une excellente résolution + des boutons pour compléter la navigation, autonomie de 20h, (via une grosse batterie), recharge en USB-C (Garmin et Wahoo sont franchement à la traîne là-dessus !!!), cartographie OSM + éventuellement des cartes IGN au 1/1 000 000è (inclus mais un peu trop léger pour le vélo) voir 1/25 000è si on accepte de les payer en plus (compter 130€ pour la France entière), et justement un tarif (avec cartes de base) assez compétitif. Alors pourquoi pas lui ? Ben… un peu comme pour le Karoo 2, c’est le premier GPS de la marque qui commence à être convaincant pour la rando à vélo. Les modèles précédents étaient un peu largués (encombrement, boutons, interface …) l’entreprise manque encore un peu d’aplomb et d’envergure, le nombre d’utilisateurs n’est pas très important, ça n’est pas très rassurant. On a du mal à avoir des retours sur l’usage longue durée (qualité de la construction, de la batterie, de l’étanchéité, …) De même le jour ou un bug critique se produit ou qu’on a un plantage sans raison, ça peut (peut-être) prendre des semaines ou des mois avant que les choses bougent. Quelle est l’assise de l’entreprise ? Risque t’elle de mettre la clé sous la porte dans 6 mois et de laisser une volée de GPS sans mise à jour ? C’est assez opaque. Bref, sur le papier c’est un très bon produit, mais à l’usage c’est difficile de le recommander.

Pourquoi pas les versions précédentes moins chères ?

Je ne parle pas des versions précédentes des grandes marques. Typiquement les Garmin 500, 520, 800, 820, 1000… pour 2 raisons. Tout d’abord ce sont des produits où chaque génération apporte de vraies améliorations par rapport aux précédentes (rapidité de calcul d’itinéraires, qualité de réception du GPS, autonomie, ergonomie…) et comme ce sont justement des fonctions qui nous importent, autant en profiter.
Deuxièmement malheureusement tous ces GPS ont des batteries inamovibles, c’est une honte, mais c’est le prix à payer pour la compacité et le faible poids de ces modèles. En achetant les modèles plus fabriqués depuis quelques années, que ça soit neuf (vieux stocks) ou d’occasion, on se retrouve dès le début avec un produit dont l’autonomie n’est pas top et va rapidement baisser. Une batterie qui tient 5 ans c’est déjà pas mal, qu’elle ait servi ou non. Donc en achetant par exemple un produit de 2018 on a déjà bien tapé dans la durée de vie de la batterie. Bref, à n’envisager que si on a un excellent deal, et qu’on a tendance à « surfer » sur la vague en rachetant tous les 2/3 ans un modèle n-1 à tarif cassé. Mais ne pas s’attendre à pouvoir garder 5 ou 6 ans ce même modèle. La batterie sera introuvable en remplacement, ou elle même aura déjà vécu de nombreuses années sur une étagère de stockage, ou sera facturée bien trop chère par le fabricant d’origine si on passe en direct par leur SAV.

Et au final entre Wahoo et Garmin je prends quoi ?

Si malgré les explications au dessus vous hésitez toujours, j’aimerai faire une analogie avec Apple et Android. Si vous êtes plutôt du genre à vouloir que ça soit simple, que ça fonctionne sans devoir devenir ingénieur en informatique/électronique, que vous préférez Apple à Android, alors Wahoo c’est pour vous. Les cartes se mettent toutes seules, tout est relativement automatique, au risque d’avoir moins de paramétrage et des choses moins pointues, mais qui répondent à 80% des besoins sans qu’on touche à quoi que ça soit.

Si à l’opposé vous êtes plutôt bidouilleur dans l’âme, à la recherche de l’optimisation aux petits oignons, quitte à y passer quelques heures en amont, à faire des tests pour comprendre l’impact de telle ou telle option, bref que vous êtes plutôt Android dans l’âme, alors c’est un Garmin qu’il vous faut !

Et toi tu as pris quoi / choisirais quoi ?

Ah… en voilà une bonne question. En tant qu’utilisateur pointu les GPS Garmin conviennent mieux à mes besoins et ma manière de voir les choses. J’ai utilisé sur le Garmin 830 (tactile) sur environ 1 000 km mais sans en être totalement convaincu. C’est à mon sens le plus équilibré des GPS (taille d’écran, autonomie, tarif pas trop stratosphérique…) mais en 2021 je trouve que c’est un produit digne des GPS voiture d’il y a 10 ans, bourré de petits détails mal pensés, de bugs, pour lesquels certains paramètres manquent (genre de la finesse dans les alertes d’intersections, la taille ou la couleur des traits des cartes, …). Bref, je m’en suis séparé pour attendre son remplaçant et en attendant (sans grand besoin pour la rando) j’en reste à un vieux Garmin Etrex Vista HCX + le smartphone dans la poche lorsque j’ai besoin de lisibilité + enregistrement de la trace via une montre (Garmin 230) + compteur de vélo à l’ancienne (Cateye).

Mais si je devais en choisir un aujourd’hui là maintenant, je reprendrai un 830 sans hésiter.

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